



Chaque fois que les guides renseignent une curiosité majeure, vous débarquez du train dans une localité aussi moche et délabrée que Charleroi. A Ise, il est difficile de croire qu'il s'agit du sanctuaire shinto le plus sacré du Japon, consacré à Amaterasu, la déesse de la lumière, dont descendent les empereurs.
En fait le sanctuaire principal se trouve dans une immense (et magnifique) forêt de cèdres - et il faut encore se farcir 20 minutes de bus surpeuplé.
Les sanctuaires d'Ise sont une exception dans tout ce que j'ai vu au Japon; en bois, sans clous, d'un dépouillement extrême, la beauté dans la pureté, juste l'inverse de Nikko. Pas de sculpture, de dorures ou de statues. Rien. Ils sont détruits et rebâtis tous les 20 ans, dans les règles, à l'identique ... (la prochaine fois en 2013)
Des millions de fidèles viennent à Ise chaque année. C'est gratuit, mais les prêtres se rattrapent sur les amulettes.
Le pélerin modèle (et ils le sont tous) commence par se purifier dans le bassin ad hoc ou dans la rivière sacrée, il achète son amulette (les prêtresses sont charmantes), et escalade l'escalier du sanctuaire principal avec force courbettes.
Il n'y a rien à voir ou à faire. A part l'empereur et les dignitaires, personne ne peut pénétrer au-delà du rideau blanc. De toute façon, il n'y a rien. Le sanctuaire est vide, sauf le miroir offert par la déesse, insigne du pouvoir impérial.
Même les lolitas en short et bonnet de laine et les mecs gothiques à faire peur vont s'incliner avec respect devant ce rideau.
Et ensuite ils vont faire vivre les commerces de souvenirs du quartier qui jouxte le parc. Rien de changé depuis le moyen âge.
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